IronMan Texas 2018: La course (Bart Rolet - 9h09)

May 19, 2018

Deux semaines après IronMan Texas je reste encore très partagé sur cet évènement ou j'ai selon moi livré une de mes meilleurs courses par rapport à mes possibilités et contraintes (9h09 - nage:1h04, vélo: 4h35, course: 3h22), mais ou le comportement des athlètes et de l'organisation laisse un sentiment très amère: vous pouvez en avoir un premier apperçu dans le podcast "Le blog du Triathlète"

 

Mon compte rendu est donc en 3 parties afin de garder le focus :-) 

 

Chapitre 1: L'entrainement -à lire ici-

Chapitre 2: La course 

Chapitre 3: Drafting, doping, PB etc... (à venir) 

Chapitre 2: La couse 

 

Comme indiqué dans le chapitre 1: La préparation (à lire ici) tous les signaux étaient au vert pour une course réussie, mais sur IronMan on ne peut jamais prévoir comment tout va se dérouler, c'est une très longue journée.

 

La veille de la course J'avais annoncé mes objectifs visant 9h15 sur ce nouveau parcours rapide si les conditions étaient bonne et que je connaissais une bonne journée. 

 

 

 

 

NATATION (3800m):

Première nage en eau libre et en wetsuit de l'année. Je n'ai pas été nager la veille dans le lac car tous les locaux me l'ont fortement déconseillé. À la place j'ai été nager chez une de mes collègues coach "SwimSmooth" en compagnie du triathlète Pro (et ambassadeur Skechers Performance également) Matt Russel.

 
C'est le départ à 6h40 am,  J'ai un bon pace, je sens de bons feelings, mais je suis parti un peu trop loin dans ce "self seed start" du coup je dépasse du monde presque tout le long et n'arrive pas a trouver de nageur assez rapide à "drafter".

J'ai du mal à bien spotter les bouées et le parcours a une forme assez étrange et suivre les bouées qui sont un peu éparses n'était pas toujours le chemin idéal.

 

Je sors en 1h04, en 40e position, soit 2x mieux classé qu'en 2015 ou j'étais sorti 81e.
Ce n'est pas sub 1h00 comme j'aurai aimé mais ça commence quand même bien la journée.

 

 

Ma montre ayant "planté" je n'ai pas les stats précises, j'aurai aimé les avoir pour valider la vitesse/distance nagé.

 

 

VELO (177km): 

Il y a 3 ans, sur un parcours bien plus difficile et un peu plus long, avec un problème de dérailleur j'avais fait 4h47 en "single speed", j'aimerai donc rentrer ça en bas de 4h40.

Étant "AWA GOLD" mon vélo est super bien placé, juste après les Pro, on aime ça :-)

 

A la différence de beaucoup de concurrents ce jour la, je n'ai aucun problème à vous partager mes données de puissance ;-)

 

Début du parcours (28km, 39.6km/h, 255w)

 

Comme d'habitude, je dépasse tout de suite beaucoup de monde. Je fait attention à ne pas "overbiker", mais 5-10w au dessus de mon objectif est normal dans ces premiers kilo avec tous les dépassements à faire.


Le parcours est sinueux avec quelques virages techniques, c'est le fun, puis on se retrouve sur l'autoroute pour 2 aller-retour d'environ 65km. 

 

Loop #1 - Aller (32km, 40.5km/h, 248w):

 Je dépasse  facilement plusieurs athlètes qui roulent en groupe de 3-4, avec souvent les premieres filles AG "sur le porte baggage", c'est un cas de figure malheureusement assez habituel.  

Un peu plus loin je me fais reprendre par un gros peloton comportant plusieurs des coureurs que j'avais déjà dépassé durant la première heure. C'est frustrant mais je savais que ça allait arriver. J'espère encore que les arbitres fassent leur job.

Je me concentre à ne pas drafter le groupe devant moi tout en maintenant plus ou moins ma cible coté wattage. Petit à petit le groupe s'éloigne et finalement je me retrouve enfin dans ma bulle.  

Étonnement jusqu'au premier demi tour je parviens à rouler seul en remontant progressivement d'autres concurrents "clean".

Je maintenir 250w assez facilement, je gère ma nutrition, et essayes de rester concentré car le parcours est aussi plate que quand je suis sur mon HomeTrainer sauf que Bert n'est pas la pour m'encourager !!

En 4h BertZeBeast est capable d'inventer toutes sortes de positions plus relax les unes que les autres !

 

Finalement je passe au premier 1/2 tour (60km) en 1h30, soit 40km/h, ça va bien!

 

Loop #1 - Retour (33.5km, 38.4km/h, 251w):

Le retour est en léger faux plat montant, la vitesse baisse à 38-39km/h

je croise les pelotons qui me suivent de prés, en faux plat je ne peux rien faire contre eux, je me fait dépasser par deux gros groupes organisés de plus de 30-40 personnes. 
A partir du moment ou je n'embarque pas dans ces groupes et les laisse filer je sais que je laisse également filer toutes mes chances au classement. Malgré tout à aucun moment l'idée de tricher ne m'effleure, c'est mon dernier IronMan avant quelques temps, compléter un IronMan signifie rouler seul, ce n'est pas un Grand Fondo, je veux le faire comme j'ai compléter les 11 premiers (même si il y a un certain prix à payer au niveau du classement final). Je veux donc juste que le groupe accélère et s'éloigne de moi pour que je puisse rouler clean.

J'ai toujours l'espoir de voir des Marshalls faire leur travail, malheureusement j'apprendrai après la course qu'ils ont quitté leur poste pour des raisons de "sécurité". Donc absolument aucun contrôle et aucun carton ne sera donné.

Les deux dernières heures je perdrai encore beaucoup de places contre les groupes. Moi qui est l'habitude de dépasser tout le long des 180km même à Kona, ça fait un peu bizarre.

 

Loop #2 - Aller (34km, 35.3km/h, 245w):
Sur la deuxième loop le vent de face se lève. Donc jusqu'au 130e km,la vitesse baisse à 35km/h mais j'aime ça, ça travail et ça durci la course. C'est autour du 100km qu'on sait si on a les jambes et à date ça va super bien, pas mal plus facile que tous ces entrainements que je me suis tapé dans mon sous sol devant Netflix !

 

Loop #2 - Retour (32km, 40.5km/h, 240w)

C'est reparti à plus de 40km/h !  Il reste environ 50km, dans ma tête je fait mes calculs, 4h30 pourrait être accessibles si je me fait un peu plus mal et roule 255-260w plutôt que 245-250, mais finalement je n'aurai pas vraiment à me poser la question car le plus difficile dans ces 30km sera la gestion des groupes. Je dois parfois laisser aller en roue libre ou au contraire "overbiker" à 280-290w pendant plusieurs minutes pour lutter contre eux (des intervalles  de 10min autour du FTP après 4h de course c'est bien en entrainement mais pas top le jour de la course).

 

Fin du parcours - (14km, 35kmh, 235w)

Finalement les 15 derniers kilomètre sur la petite route font ralentir un peu le pace, je me concentre sur la nutrition et la préparation pour la course à pied, je tourne un peu les jambes. La distance légèrement plus courte (177km vs180km) permet de renter à la maison en 4h35 plutôt que 4h40.

 

Vraiment content de mon effort en vélo avec 247w de NP, à titre de comparaison en 2015 au Texas en single speed suite à un bris de cable de dérailleur je n'avais pu  poussé "seulement" 235w de NP (4h47, 8e AG) et à Kona 2015 (fichier TrainingPeaks avec détails  ici) 252w (4h54, 11e AG ce qui représente ma meilleur perf à un championnat du monde).

 

Transition:

Je débarque du vélo en sachant que je peux compléter cette course en bas de 9h15 en livrant un bon marathon en bas de 3h30. 

 

Course à pied (42,2km):

Dans les premiers km je me sens vraiment super bien, je me force à ralentir le pace atour de 4'30/km, c'est bon signe mais je sais parfaitement que cette sensation est un "faux ami" et que dans quelques km maintenir ce pace me demandera toute mon énergie.

 

Le parcours est constitué de 3 boucles. durant la première heure on peut profiter de pas mal de parties ombragées. Les conditions sont parfaites, la température monte progressivement mais l'air est sec. Je ne vais pas me plaindre qu'il fasse chaud après cet hivers au Québec !!

 

Une bonne partie du parcours passe dans la ville sur le bord du canal, l'ambiance est géniale et les supporters sont en feu, c'est vraiment génial !!

 

Je passe le 21km en 1h37 (soit 3h15 pour le marathon) mais c'est la qu'on entre dans la zone "Mais qu'est ce que c'est dur, pourquoi je fait ça? C'est mon dernier sur et certain!!"

 

C'est aussi la que les supporters et amis à Mt Tremblant font la différence. La carotte du classement et du Podium me manque également pour pousser la machine dans ses derniers retranchements un peu plus tôt.

 

Enfin la dernière loop, les derniers 10km, un mile à la fois, je m'accroche à tous les rentrer en bas de 5'00/km mais il faut prendre un peu plus de temps aux stations d'aide avec la chaleur qui a monté et le soleil qui commence à taper. Je promet à mon corps que c'est le dernier IronMan, allez allez, promis !!  
On se retrouve sur le parcours avec ceux qui en sont à leur première ou deuxième loop, c'est un peu le bazard: j'aime la compétition et savoir si je double une personne en en concurrence avec moi.

Comme toujours les 2 derniers miles sont interminables,mais j'arrive à trouver une vitesse en plus dans le dernier km pour me donner à fond et faire honneur à la distance, les derniers 500m sont trippants, c'est toujours le moment de me rappeler comme je suis chanceux de pouvoir faire ce genre d'évènement.

 

Je franchis la ligne du marathon en 3h22, et 9h09 au total, même en ajoutant les 3km de vélo ça resterai sous les 9h15.

 

C'est mon "meilleur temps" sur un IronMan mais il faut comparer des pommes avec des pommes: j'ai réalisé ce temps sur un parcours très rapide et dans de superbes conditions climatiques (je pense que j'aurai même été plus rapide sans les pertes d'énergies occasionnés par les pelotons).
En wattage je fait ma deuxième meilleur perf.  après Kona 2015 et en course à pied si c'est mon 3e meilleur temps derrière notamment Tremblant en 2013 (3h16) mais difficile de comparer avec des parcours et des conditions climatiques différents. 
Mon chrono au Texas équivaudrait sans doute à Mont-Tremblant à un temps autour de 9h30. 

 

En passant la ligne je suis conscient d'avoir livré une des meilleurs performances sportives que je pouvais par rapport à ma préparation et aux faits de course: bonne gestion de l'effort dans les 3 sports, aucun soucis de nutrition, adaptation du pace en fonction du vent et de la température, j'ai su gérer les groupes, garder mon calme sur le vélo et rester focus sur ma course, et comme d'hab en course à pied ce fut le défi que j'attendais ou je me suis promis que c'était le dernier tellement c'est difficile, avant d'avoir envie; dès le lendemain; de faire Boulder le 10 Juin,  normal quoi !

 

A l'arrivée j'attend Sylvain, un autre athlète BC qui s'entraine avec Mario, il a fait une très belle course également, et on profite du lunch d'après course  à la hauteur de la réputation Texane !

 

Un gros gros merci à Jacinthe mon amoureuse qui tout en étant encein